CHRONIQUE N°2 : AVRIL 2015

CONSTRUIRE DANS LA PENTE: UNE CONTRAINTE MAIS AUSSI UNE OPPORTUNITE

Selon Antoine de St Exupery, « Nous n’héritons pas de notre terre, nous l’empruntons à nos enfants ». Cela nous place devant nos responsabilités quant à l’architecture que nous produisons. Chacun, propriétaire, architecte, aménageur, dans son acte de construction est responsable de l’empreinte qu’il produit sur le paysage.

A Villard de Lans, de nombreux terrains constructibles présentent une pente plus ou moins forte. De ce fait, toute anomalie d’implantation ou de volumétrie se trouvent ainsi amplifiées visuellement. Cette chronique rappelle quelques principes fondamentaux qui guident le travail de la commission d’urbanisme.
Serge CHALIER, adjoint à l’urbanisme.

En effet, construire sur un terrain en pente impose une adaptation de la future construction à la déclivité du sol, et représente souvent un atout en terme d’architecture, de volumétrie, d’agencement intérieur, de vue… Le règlement du PLU dispose ainsi que « la construction s’adapte au terrain et non l’inverse. »

Il existe plusieurs façons de tirer profit de la pente: en construisant en cascade, lorsque plusieurs volumes viennent accompagner la déclivité du terrain, ou en encastrant une partie de la construction dans le sol… Dans tous les cas, le terrain doit, à terme, être remodelé pour coller au plus proche du terrain naturel.

La situation du terrain par rapport à la voirie sera également un élément déterminant, car le l’accès entre la route et la construction devra être de moindre pente et le moins impactant possible.

La question de l’adaptation de la construction  à son environnement doit être pensée en amont du projet. L’implantation de la construction sur le terrain sera déterminée par la combinaison de plusieurs enjeux : L’orientation vis-à-vis du soleil, la protection contre les vents dominants, la recherche des vues, l’orientation du faitage par rapport à la pente, l’ancrage du bâtiment dans le sol, sa distance vis-à-vis de la voirie d’accès… Chaque construction abordera ces thématiques de manière spécifique, car chaque terrain est unique.

CHRONIQUE n°1 : OCTOBRE 2014

UNE NOUVELLE CHRONIQUE «URBANISME ET ARCHITECTURE»

« La qualité urbaine et architecturale à Villard de Lans fait partie du patrimoine collectif. Il s’agit d’un enjeu pour notre commune afin de conserver son caractère si prisé, son identité qui participe à son attractivité. Les Villardiens sont très sensibles à la qualité et à sa préservation. La qualité n’est pas le fruit du hasard mais le résultat de l’action de chacun dans ses projets d’aménagement, de construction et de travaux divers. C’est aussi le rôle de la commission d’urbanisme, au travers de ses avis sur les projets et les demandes d’autorisation que de veiller à la qualité. C’est également le résultat de la mise en œuvre des projets qui suppose une approche professionnelle des matériaux et des savoir faire. Fort de ce constat, il nous a paru indispensable de mettre en place, comme nous nous y sommes engagés lors de la campagne municipale, une stratégie d’action fondée sur 3 axes : La sensibilisation sur les procédures et le dialogue avec les porteurs de projet, l’évaluation et l’adaptation de la réglementation, la consultance architecturale au service des Villardiens. Pour cela, la lettre aux Villardiens nous servira de support pour informer et sensibiliser sur le sujet. » Serge CHALIER, adjoint à l’urbanisme. 

 

Pour cette première chronique, nous vous proposons d’aborder la question des procédures d’autorisation d’urbanisme, qui sont un préalable essentiel à tout projet de construction ou de travaux sur un bâtiment existant.

Pourquoi une autorisation d’urbanisme ?

En premier lieu, demander une autorisation d’urbanisme à la commune permet à cette dernière de vérifier que le projet de construction ou que les travaux projetés sont bien conformes au règlement du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Celui-ci traite différents points (distance par rapport aux limites, volume, hauteur, etc.) qui permettent d’encadrer les projets de constructions, afin de garantir leur cohérence, et leur bonne intégration. Par exemple, la règlementation du PLU en matière de stationnement vise à supprimer la présence de voitures en bordure de route, la règlementation en terme de toiture garantie une adaptation minimale du bâtiment aux conditions climatiques du territoire, la règlementation sur les hauteurs maximales interdit la construction d’immeubles hauts dans les hameaux etc.

Pourtant, au-delà de la dimension purement réglementaire, le dépôt d’une autorisation d’urbanisme est aussi l’occasion de travailler un projet en collaboration avec le service urbanisme, les élus et l’architecte-conseil de la commune sur des aspects plus subjectifs (architecture, matériaux, adaptation au terrain, adaptation à la situation montagnarde). La conformité au PLU est donc nécessaire, mais pas suffisante pour garantir la qualité du projet.

Quels travaux sont concernés par une autorisation d’urbanisme ?

– Sur une construction existante :

Toute modification de l’aspect extérieur d’une construction ou d’un commerce (modification des ouvertures, changement de couleur des volets, pose d’un châssis de toit, changement d’enseigne ou de vitrine…) ou toute extension d’une construction existante de 5 à 40m² de surface supplémentaire (construction d’une véranda, d’une nouvelle pièce…) doivent être déclarée en mairie par le dépôt d’une déclaration préalable.

Si l’extension prévue créée entre 20 et 40 m², mais qu’elle porte le volume global de la construction à plus de 170 m² de surface, c’est un permis de construire qui doit être déposé. Les changements de destination d’un bâtiment (ex : un commerce transformé en logement) doivent faire l’objet d’une autorisation.

– Pour une construction nouvelle :

Les constructions nouvelles de 5 à 20m² de surface (garage, cabane de jardin) doivent faire l’objet du dépôt d’une déclaration préalable. Toute nouvelle construction de plus de 20 m² de surface doit faire l’objet du dépôt d’un permis de construire. Les constructions de moins de 5 m² de surface ne sont soumises à aucune déclaration, mais doivent néanmoins être conformes au règlement du PLU. Les clôtures et murs en limite de propriété, ainsi que les terrasses de plus de 60cm de hauteur doivent également être déclarés.

– Pour un aménagement de terrain :

L’aménagement de lotissement, de terrains de camping, ou les exhaussements ou affouillements de sols importants sont soumis au dépôt d’un permis d’aménager

Dans quels délais pourrais-je commencer les travaux ?

 A l’issue de l’examen de votre dossier par la commission d’urbanisme, la notification de l’avis est délivré dans un délai maximum (1 mois pour les déclarations préalables, 2 mois pour les permis de construire, 3 mois pour les permis d’aménager), hors dossiers non complets.

Après notification de l’avis favorable, un délai de deux mois à partir de l’affichage de l’autorisation sur le terrain est à respecter avant le démarrage des travaux (délai de recours des tiers).

« Une demande d’autorisation de construire, notamment un permis de construire, est une démarche qui génère des coûts importants. Ainsi, il est préférable de travailler en amont du dépôt du dossier sur avant projets avec les services et la commission d’urbanisme. Il s’agit d’un temps de « maturation » du projet qui participe à son enrichissement. Au final la demande d’autorisation déposée est conforme aux attendus de tous et pour la satisfaction de tous», rappelle Serge CHALIER.